Un salarié s’effondre dans un entrepôt. Les collègues appellent le 15, puis ils attendent. Entre l’appel et l’arrivée des secours, il s’écoule toujours plusieurs minutes, davantage en zone excentrée. Pendant ce temps, soit quelqu’un sait quoi faire, soit personne ne sait. C’est tout l’objet d’une formation que le code du travail nomme sans la décrire, et que l’Assurance Maladie et l’INRS ont normalisée depuis des décennies : le sauveteur secouriste du travail.
Source : rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie - Risques professionnels ; document de référence SST de l’INRS
Ce que le code du travail impose, mot à mot
Deux articles, et il faut les lire ensemble. L’article R. 4224-15 est précis : un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d’urgence dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et sur chaque chantier employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux. Il ajoute que ces travailleurs ne peuvent pas remplacer les infirmiers.
L’article R. 4224-16 est plus large. En l’absence d’infirmiers, ou lorsque leur nombre ne permet pas une présence permanente, l’employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades. Ces mesures sont adaptées à la nature des risques, prises en liaison avec les services de secours extérieurs, et consignées dans un document tenu à la disposition de l’inspection du travail.
La lecture combinée donne la règle réelle. Dans un atelier à travaux dangereux, un secouriste formé est obligatoire, sans discussion. Partout ailleurs, l’employeur doit organiser les premiers secours, et il doit pouvoir montrer comment. Un bureau de six personnes n’a pas l’obligation légale d’un SST ; il a l’obligation d’un document qui explique qui appelle, qui va chercher la trousse, où elle est, et ce que dit le médecin du travail de ce dispositif. Dans les faits, former un ou deux salariés est la manière la plus simple de remplir cette obligation et de pouvoir le prouver.
Ce qu’est un travail dangereux
Le code ne donne pas de liste. La jurisprudence et la doctrine administrative retiennent les activités où le risque d’accident grave est caractérisé : machines à outils tranchants ou en mouvement, travaux en hauteur, manutention mécanique, produits chimiques dangereux, risque électrique, travail à proximité de véhicules en circulation. Une boulangerie avec un pétrin et un four, un atelier de menuiserie, un entrepôt avec des chariots élévateurs, un chantier de second œuvre : tous relèvent, en pratique, de l’article R. 4224-15. Le document unique d’évaluation des risques, qui identifie ces situations, est la pièce qui permet de le dire pour chaque entreprise.
| Élément | Formation initiale | Maintien et actualisation (MAC) |
|---|---|---|
| Durée | 14 heures au minimum, auxquelles peut s’ajouter un temps consacré aux risques spécifiques de l’entreprise | 7 heures |
| Groupe | 4 à 10 participants | 4 à 10 participants |
| Prérequis | Aucun | Certificat SST en cours de validité |
| Compétences évaluées | 8 compétences du référentiel, de « situer son rôle » à « participer à la maîtrise des risques » | Les mêmes, par deux épreuves certificatives |
| Sanction | Certificat SST, modèle national, délivré via la plateforme Forprev, valable 24 mois | Nouveau certificat valable 24 mois |
| Qui peut former | Un organisme habilité par l’Assurance Maladie et l’INRS, avec un formateur SST certifié | Idem |
Ce que le secouriste apprend, et pourquoi ce n’est pas que des gestes
On imagine la formation SST comme un cours de secourisme. Elle en est un, mais c’est la moitié du programme. Les quatre premières compétences du référentiel sont celles de l’intervention : protéger, examiner, alerter, secourir, avec les cas que le secouriste rencontrera : la victime qui saigne abondamment, qui s’étouffe, qui se plaint d’un malaise, d’une brûlure, d’une douleur qui empêche le mouvement, qui ne répond pas mais respire, qui ne répond pas et ne respire pas. La réanimation cardio-pulmonaire et l’usage du défibrillateur occupent une part importante du second jour.
Les quatre dernières compétences sont celles de la prévention. Le sauveteur secouriste du travail apprend à situer son rôle dans l’organisation de la prévention de son entreprise, à caractériser un risque dans une situation de travail, à proposer des pistes de prévention et à informer les personnes désignées. C’est ce qui distingue le SST d’une formation grand public aux premiers secours : le secouriste de l’entreprise est aussi, par construction, un observateur de ce qui pourrait blesser. Une entreprise qui forme deux SST se dote de deux personnes qui regardent les postes autrement.
Vingt-quatre mois, pas un de plus
Le certificat vaut deux ans. Passé ce délai sans recyclage, le salarié n’est plus SST, et l’entreprise qui comptait sur lui pour remplir son obligation ne la remplit plus. Le maintien et l’actualisation des compétences dure sept heures et se conclut par les mêmes épreuves que la formation initiale. La gestion des échéances est une tâche de direction, pas une affaire de bonne volonté : un tableau des certificats et de leurs dates d’expiration, tenu à jour, évite de découvrir au moment d’un contrôle que l’atelier n’a plus de secouriste depuis dix-huit mois.
Ce que cela coûte, et ce qui est financé
Deux jours par salarié formé, pendant le temps de travail, et le coût pédagogique de la session. Pour les entreprises de moins de cinquante salariés, l’Assurance Maladie propose une Subvention Formation qui prend en charge 70 % du montant hors taxes des formations éligibles, dont le SST dispensé par un organisme habilité, sous réserve d’un document unique à jour et dans la limite de l’enveloppe. L’habilitation électrique et la formation incendie n’y sont pas éligibles ; le SST l’est. C’est une raison de plus de commencer par lui.
Reste une question que le code ne tranche pas et que l’entreprise doit se poser : combien de secouristes. La réponse dépend des horaires, des sites, des absences. Un seul SST ne couvre ni ses congés ni son poste de nuit. Deux par site et par équipe est la pratique courante des entreprises qui ne veulent pas que leur dispositif de premiers secours dépende d’un seul planning.
Où en êtes-vous, concrètement ?
Notre page financement chiffre votre projet en deux minutes, à partir de votre numéro SIRET : montant total, subvention potentielle et reste à votre charge. Et si vous préférez en parler, nous vous rappelons.
- Code du travail, article R. 4224-15 (formation de secouriste)
- Code du travail, article R. 4224-16 (organisation des premiers secours)
- INRS, document de référence du dispositif SST (version 8, janvier 2021)
- Assurance Maladie, Subvention Formation (entreprises de moins de 50 salariés)
- Assurance Maladie - Risques professionnels, rapport annuel 2024
Textes et chiffres vérifiés à la date de publication. Notre méthode de vérification est décrite sur la page Sources et méthode.
